Atelier de Shefford, avril 2020

Les chemises de l'archiduc

Voici l’histoire de 31 chemises qui en avaient assez de dormir depuis des lustres dans la noirceur de la penderie. Elles appartenaient à un homme qui aime raconter des histoires. Pour tromper l’ennui, elles décidèrent de se transformer en personnages de contes. À l’image de leur propriétaire, qui dans sa jeunesse avait tenu le rôle d’un roi, jaune en occurrence, elles décidèrent à l’unanimité de transformer le placard en archiduché. Pourquoi un archiduché me direz-vous ? Bien parce que « son altesse royale impériale l’archiduc » ça sonne bien et que les chemises de l’archiduchesse qui n’avait pas la langue rêche ne sont toujours pas sèches. Mais ça c’est une autre histoire.

Branlebas de combat, c’est la distribution des rôles. Les cols deviennent les sujets. Les poignets de chemises forment la cavalerie ; les manches, la cour et les bandes de boutonnière, la cotte de maille. Les nobles, toujours aussi hautains s’emparent des empiècements où figurent les étiquettes des grands couturiers. Le fou s’approprie les parements fentes de manches et la couronne hérite des bandes de couture. Le titre royal revient évidemment au propriétaire des chemises. Mais il n’en sut jamais rien car il était déjà parti en croisade quelque part de par le vaste monde. Les chemises vécurent très heureuses sous leur nouvelle identité.








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